Maxou et moi sommes à la barrière d’Hèches vers 9h45.

Gus est venu nous faire un gentil petit coucou. Encore en convalescence, il ne va malheureusement pas pouvoir nous accompagner.

Damien est là aussi. Un « p’tit djeun qui n’en veut ».

C’est parti sur la piste, direction la cabane d’Artigueluz.

Merde ! Juste après le gouffre de Coume Berre, un gros arbre en travers de la route…

Petit coup d’œil à CompeGps : OK, on va partir directement d’ici en rattrapant la courbe de niveau idéale.

Je pars devant mais pas pour longtemps ! Les deux « djeuns qui n’en veulent »  (dont je suis aujourd’hui la Nounou attitrée) courent comme des lapins, enfin plutôt comme des isards…

J’essaie de ne pas trop leur montrer que je suis à l’agonie et nous rattrapons vite la courbe de niveau qui va nous emmener droit à l’entrée du gouffre de Laoueils.

Une demi-heure plus tard nous sommes devant la splendide entrée sous la belle hétraie .

Maxime est chargé de l’équipement, il va essayer de retrouver les spits que j’avais planté il y a … 39 ans !

Le rocher de la première partie du P75 est très délité par la gélifraction , il faudra descendre environ 12 mètres pour placer le premier fractio, pas évident pour un premier équipement mais Maxou gère admirablement.

50 mètres plus bas nous nous posons sur un palier très déversé et ébouleux. Nous nettoyons au max mais c’est l’endroit le plus instable du gouffre. Le prochain point (double) est placé le plus loin possible et un dernier fractio 10 mètres plus bas.

La dernière partie du grand puits est splendide et précède une faille de toute beauté aux parois très blanches.

Ici, mes spits sont retrouvés et nous les utilisons sans avoir à se servir du taraud !

16 mètres plus bas nous nous retrouvons tous les trois à l’ancien fond vers -90 m.

C’est l’heure du casse-croûte. Et on ne fait pas l’impasse !

La suite est sous une large dalle sous laquelle il faut ramper brièvement pour trouver le P10 suivant. Damien prend les choses en main et équipe jusqu’au fond.

Peu après le « puits de la dalle » je retrouve avec émotion le passage que nous avions élargi avec Jean-Louis Rozès (Rose), c’était en 1981.

Un ressaut de 6 mètres et nous voilà devant la dernière étroiture qui domine le dernier ressaut de 5 mètres.

Les deux spéléos- plats sont vite en bas. Le courant d’air est très léger mais il fait chaud dehors, le gouffre doit être en équilibre.

Maxou et Damien sont à -122 devant une fracture très étroite. Pas d’écho ni courant d’air qui pourraient nous encourager…

La prochaine équipe décidera de la faisabilité de la désobstruction.

(sur la coupe du gouffre :

Flèche 1 :désob légère de l’accès au P10,

Flèche 2 : désob de la tête de puits,

Flèche 3 : grosse désob.)

Mission accomplie pour notre équipe, le gouffre est équipé et les cordes sont en place.

Une superbe journée et le plaisir pour Maxime et moi-même d’avoir fait la connaissance de Damien que nous serons sûrement amenés à voir prochainement.

La relève est assurée et bien assurée ! Vive les djeuns ! Et merci à eux d’accepter avec eux les « Papys qui font de la résistance ».

A.Bressan