Une réelle réussite ce camp 2020 ! ça faisait au moins deux années que l’on passait notre temps à casser du caillou pour des découvertes improbables…

Notre entêtement a fini par payer.

Régis avait raison au Z127  « après tout le travail qu’on a fait, on ne va pas abandonner  le morceau ». Il avait raison le bougre. Oh combien !

La deuxième semaine du camp, on s’est même offert le luxe de faire de la spéléo sans casser du caillou, et en faisant de la première sans aucun frein !

La sima Miguel Garibal (Z127) où l’infâme méandre au bas du P77 d’entrée se transforme enfin en méandre confortable de -160 à -250 puis en méandre géant à -260 avec une fin en apothéose et un imposant P130. Mais le fond n’a toujours pas été atteint, les bottes du dernier explorateur grattouillant de justesse le bas d’un P40 plein pot. Le puits se continue au-delà des  -425m. Tous les espoirs sont permis !

Xendako Ziloa.

Un objectif principal : retrouver le courant d’air violent de l’entrée et que l’on perd en haut du P81 à -57. C’est chose faite dès le deuxième jour du camp. Un pendule jusqu’à une lucarne à -5, une traversée aérienne les bottes sur des grattons de chailles jusqu’à un balcon concrétionné, et là devant nous, un puits fossile de 15 mètres de diamètre. Les cailloux font un barouf d’enfer et semblent exploser très loin en dessous. Le sommet du puits est très haut. La topo donnera 72 m vers le bas et 33 m vers le haut : Un tube parfait de 105mètres sur 15 m de diamètre. Ça sera « Tubular Bells » souvenir de nos jeunes années et du tube de Mike Oldfield.

Mais le P72 conduit à la base du P81. C’est terminé de ce côté-là.

Puits déséquipé et topoté.

De l’autre côté du vaste puits, une lucarne nous tend les bras. Elle va donner sur un méandre de rève que nous allons explorer avec délectation jusqu’à la profondeur de -261m. Tout le vent est retrouvé et emprunte ce méandre.

Les yeux écarquillés par la beauté des lieux, on progresse par petits bonds dans le beau méandre qui s’enfonce gentiment sans aucune étroiture ni difficulté particulière.

On ne se croirait pas à la Pierre ! Des concrétions pratiquement partout, des excentriques, les perles de caverne, des remplissages très esthétiques, des érosions remarquables et des lapiaz de voûte… Bref que du bonheur !

On ne se croirait pas à la Pierre, c’est sûr, mais les similitudes avec le réseau d’Arphidia sont frappantes. Et on se prend à rèver à nouveau : Arphidia 1, Arphidia III puis Arphidia IV frôlent la Verna de toutes parts sauf au Sud…

Et si… outre la jonction avec le Maria Dolorès qui est pratiquement certaine (30 m en distance pour 150 en profondeur), on découvrait un autre Arphidia, qui permettrait de nouvelles hypothèses  et de nouveaux barjotages ???

Le Renard a également été rééquipé jusqu’à -100 pour nos plongeurs qui projettent la plongée du siphon des Dunes et du siphon amont.

A voir après une mise au régime indispensable pour notre ami Michel et/ou une grosse désob du P30 et du méandre après le siphon de sable.

Sinon, très bonne ambiance au Chalet , 230 journées pour une participation moyenne de 16 personnes sur les quinze jours.

Et une très bonne nouvelle avec l’arrivée de « djeuns » qui font un bien fou à la moyenne d’âge inquiétante d’Amalgame : Claire et Maxou (qui est déjà un « ancien »), Antoine qui passe allègrement d’un trou gersois en initiation à une première à -400 à la Pierre ! 17 ans et déjà un gros potentiel. Il faut dire qu’avec un oncle pareil (Marc), il a de qui tenir… Et Emilie et Rémi enfin, les deux petits derniers « qui n’en veulent » , ils viennent du GESA et je suis sûr qu’ils sauront trouver leur place parmi nous.

Samedi 1er  Août :

Course, installation, réfection de la yourte et préparatifs explos du lendemain

Dimanche 2 Août :

Régis, Jojo et Xebas sont à la sima Garibal.

Désob et descente d’un P5, puis un P8 donnant sur un gros affluent rive droite.

Jolie banquette remontante percée d’un puits de 18 mètres. Arrêt sur méandre à élargir à -250.

Pendant ce temps, Fointibulle, Joël et Alain élargissent l’entrée et posent un barreau « via ferrata » à -50

Claire, Maxou, Marc et Antoine sont à Xendako Ziloa.

Déséquipement du P81 pour casser les chailles vers une lucarne où semble s’échapper le courant d’air.

La lucarne est atteinte, puis une deuxième donnant sur un énorme puits fossile.

Marc s’arrête au beau milieu du puits sur le nœud de la corde à environ 20 mètres du fond.

Marie Françoise, Jean-Michel, Jean Max et Serge sont au Z442 situé à l’aplomb du terminus de la sima Garibal. Le déblayage de l’entrée est entrepris.

Lundi 3 Août :

Marie Françoise, Roland, JMH et Joël au Z442. Le puits d’entrée est beaucoup plus confortable. Un bon courant d’air est repéré vers -10.

Marc, Antoine et Alain sont à Xendako Ziloa.

La vire facile grâce aux nombreuses prises de pied (chailles) nous conduit rapidement au Y de départ du gros puits découvert la veille.

Nous décidons de fractionner « le monstre ». Des pendeloques de plus de 10m semblent menacer les ridicules insectes que nous sommes dans cet énorme vide. A la dernière tirée, on commence à voir le fond et… la corde de l’escalade de Lataps au bas du P81 !

Nous remontons en déséquipant l’énorme puits de 72 m qui se poursuit sur 33 m de haut  La topo est relevée.

Dans l’axe de l’arrivée au gros puits, nous remarquons que le plancher stalagmitique où nous nous trouvons se poursuit au-delà du puits jusqu’à une grande lucarne qui doit donner sur un nouveau grand puits.

La lucarne donne en fait sur un magnifique méandre dont les parois sont très concrétionnées et que l’on atteint par une desescalade de 4 mètres.

Arrêt après la descente de trois puits (8,9 et 10 m) à la tête d’un nouveau puits. Tout le courant d’air est retrouvé !

Sima Garibal : Jojo et Fointibulle pour élargissement « confort », Maxou, Lataps et Régis pour l’explo.

L’équipe explo est vite à -250, suivie de loin par l’équipe « aménagement spécial gros ».

La désob est rapide et chacun se relaie pour se réchauffer.

Régis est en transes, il vient de déboucher sur le haut d’un vide énorme !

On équipe tout d’abord en suivant l’actif et on s’aperçoit très vite que ce n’est pas la bonne solution. En hautes eaux, c’est une véritable cataracte qui doit dévaler ce grand puits. En plus de ça la roche est complètement broyée et il est difficile de trouver un endroit correct pour les goujons. Le puits continue pourtant en dessous, encore plus vaste ! Arrêt vers – 280 en bout de corde, les parois sont de plus en plus broyées.

Mardi 4 Août :

Serge, JMH, Claire, Marc et Antoine sont à Xendako Ziloa.

Explo et topo jusqu’à -110. Ça continue à l’identique.

Lataps, Roland, Fointibulle, Maxou et Régis sont à la sima Garibal.

Les trois premiers à la mise aux normes « Amalgame 2020 » du méandre infernal.

Les deux autres à l’explo :

Remontée de la corde jusqu’en haut du méandre et équipement par Régis en longs pendules dans l’axe Ouest-Est jusqu’à une arche en plein milieu du grand puits à -270.

En digne héritier d’une longue lignée de spéléologues Gascons (ou pas …) Maxou prend le relais et équipe deux /trois tirées de 20 m avant de s’arrêter en bout de corde au milieu « de nulle part ». Profondeur estimée -320.

Marie Françoise, Jean Max , Jojo et Alain en prospection.

Après mise au propre des différentes topos, désob au Z442 et arrêt sur gros boulot avec un courant d’air très franc. On se le garde sous le coude : Il est juste au-dessus du grand puits du Z127. Repérage de 4 gouffres non marqués au Nord du Z442.

Mercredi 5 Août :

Joël, Jean Max, Marc et Antoine sont à Xendako Ziloa.

Déséquipement de tout le réseau du « grand méandre » et stockage du matériel en haut du P81.

JeanMax retrouve les sensations dans le P81… Mais apprécie moins le méandre de sortie… Ah bon ???

Sima Garibal : Fointibulle, Lataps et Régis en pointe. Jojo et Alain à la topo.

Descente express jusqu’à -251 où la topo est attaquée.

Lataps équipe le grand puits qui accusera 130 mètres de profondeur.

Nous le rejoignons vers -389 à la base du puits où démarre un petit méandre de 50 cm de large.

Un puits de 6 m se présente à nous mais… On n’a plus de cordes.

Quelques sangles sont mises bout à bout et Régis atteint le méandre qui redevient confortable et percé de belles marmites. Il aura quelques difficultés à remonter… Aïe l’EFS…

Il s’est arrêté devant un nouveau cran de descente qu’il estime à 20 mètres. Nous allons allègrement dépasser les -400 !

Le grand puits est fractionné 14 fois (24m max) et c’est un régal de le remonter. Il est creusé par le méandre qui recoupe une vaste faille et ses dimensions en coupe sont de 25mX5m.

La remontée est donc agréable jusqu’à -200. Dans la suite, Jojo aura la patience infinie de supporter mes interminables couinements dans les interminables passages étroits jusqu’au bas du P77 d’entrée où j’estime être dehors. Merci Jojo.

Jeudi 6 Août :

Sima Garibal : Brigitte, Régis, Marc et Antoine

Par rapport au point topo terminal, l’équipe descend un ressaut de 1.70m et un P25. Un changement de roche est visible à 4 m du fond et le méandre se transforme en fissure impénétrable. Le courant d’air est très faible et la désobstruction difficilement envisageable. A noter qu’à partir de -330, le gouffre prend une autre direction à l’opposé de l’axe de la vallée glacée que nous suivons depuis l’entrée. Il faudra chercher ailleurs, notamment au niveau de la grosse lucarne à -305.

Xendako Ziloa : Fointibulle et Jojo à la topo, Maxou, Le beau’f et Roland à l’équipement.

Découverte de la « Sallamax » qui marque un carrefour de différentes galeries. La remontée d’une rampe très concrétionnée mène à un vaste puits qui n’a pas été descendu.

Arrêt également sur deux puits dans deux branches parallèles orientées N-O. Point atteint -150.

A noter qu’un soulèvement syndical a dissuadé l’ignoble Jojo de faire travailler son assistant, le très respectable Fointibulle, pendant la pause casse-croûte ! Non à l’esclavagisme des Foins !

Vendredi 7 Août :

Explo des gouffres au Nord du Z442 : Brigitte, Le beau’f, Joël et Alain.

Z463 . -19 terminé.             Z464 . désob à -5, vu à -10 plus large.             Z465. Double entrée .terminé à -12.

Descente du Z103. Plus de neige mais pas mal de déchets (bord de piste). -30 sur méandre à élargir.

Marie Françoise, JMH, Jean Max, Marc et Antoine à la Verna et à Arranzadi.

Samedi 8 Août :

Assemblée Générale de l’ARSIP.

Election d’un nouveau bureau et d’un nouveau Conseil d’administration (15 membres).

Serge PUISAIS  PRESIDENT !

Sima Garibal : Régis et Xebas

Le bas est déséquipé et le matos remonté jusqu’à la lucarne de -305.

Dimanche 9 Août :

Prospection dans le bracas au N-O de Zampory. Marie Françoise, JMH, Roland, Jean Max, Serge et Alain.

Z467. Terminé à -8.            Z468. Vu à -12, désob.       Z469. Boyau ventilé à élargir.           Z466. Terminé à -15 (ex 419)

Xendako Ziloa : Véro et Agre en explo, Mickey, Le beau’f et Gilbert à la topo.

L’explo est poursuivie dans la branche Nord descendante (point 13 Jojo). Arrivée rapide sur un beau P25 qui précède un grand puits. Ca sera le puits des « sept point zéro » en l’honneur de l’équipe des trois topographes dont le plus jeune a 71 ans et le « moins jeune »………

La paroi de ce puits de 60 mètres est percée au niveau de son tiers inférieur d’une lucarne énorme donnant sur une salle contenant des blocs cyclopéens.

Le point topo est au fond du P60 à -234m.

Lundi 10 Août :

Marie Françoise, JMH, Serge, Le beau’f et Roland sont en prospection.

Z470. Terminé à -20.          Z471. Terminé à -7.

Véro, Jean Laurent et Alain reprennent le Z405 et essaient de retrouver le Z171 (trou à neige).

Découverte d’une autre cavité très près et entre les deux entrées du Z405. Surprise, la cavité prend une autre direction.

Véro descend jusqu’à -28 où un méandre ventilé mériterait une désobstruction.

Sima Garibal : Lataps et Agre.

Début d’équipement au niveau de la lucarne de -305 d’une longue main courante pour éviter une zone de rocher intensément broyée. Vu au dernier point sur 50 mètres « au moins ».

Mardi 11 Août :

Sima Garibal: Véro, Lataps et Agre.

Le fond du méandre est atteint par une longue main courante. La roche est un peu meilleure mais il ne faudra surtout pas toucher aux deux éboulis menaçants en dessous (voire prévoir un étayage).

Le point atteint est à -320 environ. Dessous ça descend d’à peu près 60 mètres.

Xendako Ziloa : Jean-Laurent, JMH, Serge et Alain.

Jean-Laurent fait demi-tour dans la première fissure (problème d’angoisse dans les passages étroits).

Je descends au fond du P60 avec cordes et perfo. J’attend Serge qui a les amarrages mais qui ne descendra pas car il ne se sent pas bien. Décidément ! Ce n’est vraiment pas une bonne journée…

Je fais le compte de ce que j’ai en ma possession. C’est la misère ! Je perce une lame où je passe un bout de dynema, ce qui me permet de descendre le ressaut suivant. Plus loin un bout de galerie me conduit à un nouveau cran de descente dominant un magnifique méandre que je ne pourrais atteindre. Je remonte vers mes deux compagnons, la mort dans l’âme !

Arrivé à eux je constate que c’est JMH qui a son tour, ne se sent pas bien, il est en hypo . Ils ont bien fait de ne pas descendre !

Quelle journée de M….

A l’extérieur Jean-Laurent a pointé un trou souffleur à trois entrées qui est pile poil au-dessus de « Tubular Bells ».

Mercredi 12 Août :

Xendako Ziloa : Lataps, Agre et Xebas.

En bas du ressaut après le terminus topo au bas du P60, une escalade permettra peut-être de rejoindre la salle avec les gros blocs.

Exploration du méandre que j’avais aperçu la veille. Le méandre est très plat. Il est exploré sur une centaine de mètres jusqu’à un petit ressaut de deux mètres. Il devient très boueux et se termine sur une étroiture à élargir sur 50 cm.

Grotte du Renard : Equipement jusqu’à -100 en vue de la plongée au siphon des dunes. Mickey, Thibault, Michel, Roland, Gilbert et Le beau’f.

Jeudi 13 Août :

Xendako 2 : JMH, Roland, Jean-Laurent, Rémi, Emilie et Alain.

Tentative de désobstruction de ce souffleur intéressant. Gros chantier mais bon courant d’air.

Xendako Ziloa : Gilbert, Le beau’f et Mickey. Equipe topo

L’équipe constate que le courant d’air semble s’échapper vers la salle des blocs (le « garde meubles »). Il y a peu de courant d’air dans le méandre terminal. Terminus à -261. 33m au Sud du Maria Dolorès mais 150 mètres au-dessus.

Vendredi 14 Août :

Z127. Sima Garibal : Xebas et Régis.

25m sous le terminus de Lataps, on se pose sur un palier ébouleux.

En dessous, descente de 20m de plus jusqu’à une margelle où Régis fractionne la descente. 40mètres plus bas, il est bloqué sur le nœud de la corde, les bottes frôlant le nouveau palier. Il est en ce point à -405m. il distingue nettement le conduit menant à un nouveau cran de descente d’une dizaine de mètres.

La suite ça sera pour Septembre.

Xendako Ziloa : Emilie et Rémi.

Rémi équipe le gros méandre au-dessus du premier P8 dans la nouvelle branche. Il progresse en main courante jusqu’à une grosse concrétion. Derrière elle une conduite boucle avec la pente terreuse surplombant le P10. Aucun départ vers le N-O.

Photos de Maxou MEDAL (la majorité des photos, notamment les macros) et Alain BRESSAN

Topographies de Serge PUISAIS, Jojo COUCOURON, Michel DOUAT et Alain BRESSAN.

Dessins topos et mise en forme du CR Alain BRESSAN